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AOP et IGP réfléchissent aux méthodes pour s’adapter face au changement climatique

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Huit produits en AOP ou IGP ont fait l’objet d’une étude exploratoire menée par l’association Conséquences concernant l’impact du réchauffement climatique sur leur production : parmi elles, la noix du Périgord, le foie gras ou le piment d’Espelette

Au Salon de l’agriculture, qui s’achèvera ce dimanche 2 mars, foie gras, fromages en AOP, noix du Périgord ou encore piment d’Espelette font partie des produits que le public aime retrouver et régulièrement primés à l’occasion du Concours général agricole. Mais qu’en sera-t-il dans 20 ou 30 ans, à l’épreuve du réchauffement climatique ?

En novembre dernier, l’association Conséquences (1) a publié l’étude « Produits du terroir face au changement climatique : entre tradition et adaptation ». Elle fait le point « à date sur les impacts du changement climatique sur huit produits AOP ou IGP, entre sécheresses et inondations : la noix du Périgord, la clémentine de Corse, le munster, le roquefort, le reblochon, le piment d’Espelette, le foie gras et le citron de Menton ».

L’association a voulu savoir comment « allier respect des traditions et des terroirs tout en s’adaptant aux nouveaux défis climatiques ».

Vagues de chaleur, épisodes de gel tardif, hiver anormalement doux, sécheresses récurrentes ou pluies diluviennes touchent les règles de fabrication de ces produits régies par des cahiers des charges très stricts. Certains peuvent perdre entre 15 et 40 % de leur rendement.

Expérimentations

« Toutes les filières traitées dans cette étude disent se préoccuper fortement de l’évolution climatique actuelle et s’interrogent sur l’avenir, dans un scénario d’accélération future », précisent les auteurs. Ainsi, depuis la sécheresse de 2022, les demandes de dérogations ponctuelles au cahier des charges sont en hausse.

« Chacun à sa manière n’hésite pas à expérimenter des solutions innovantes pour surmonter les nouvelles contraintes climatiques : recherches variétales, gestion de l’irrigation, techniques maisons pour protéger les fruits, décalages de plantation, soins plus grands au confort thermique des bêtes… », précise l’étude.

Par exemple, les producteurs de noix du Périgord AOP testent des variétés plus résistantes à la sécheresse. À l’inverse, au Pays basque, les producteurs de piment d’Espelette explorent des solutions pour jongler entre sécheresses et épisodes de pluie comme les couverts végétaux ou décaler les dates de plantation pour éviter une floraison en pleine vague de chaleur, comme chez les voisins espagnols.

L’étude relève la proposition de Jean-Marc Touzard, directeur de recherche à l’INRAE et spécialiste des processus d’innovation dans les systèmes agricoles et alimentaires, autour d’un modèle de « cogestion adaptative », soit un dialogue entre la filière, les acteurs locaux et les consommateurs.

Les auteurs arrivent à cette conclusion préoccupante : « Sur le chemin qui nous mène à une France à +4 °C si rien ne change, une partie des produits du terroir risquent donc de ne pas survivre, car l’instabilité sera trop grande ».


(1) Conséquences documente et expose les conséquences en cascades des changements climatiques sur le quotidien des Français à travers des campagnes de sensibilisation. Elle fait appel à des experts ou chercheurs dans tous les domaines, mais donne aussi la parole à des partenaires, des acteurs de terrain, des professionnels, des témoins.

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